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PIAF IS BORN AGAIN Raquel Bitton Brings A
Legend Back To Life
New York, January 15th 2000 - "There will never be
another Piaf," Raquel Bitton once said. "But from
her ashes a series of new voices will rise and
serve the music world. Because when Piaf goes straight to the
heart she is eternal like life itself." When Raquel
appeared at the Carnegie Hall in New York on Saturday January
15th she proved her own words, going straight to the
audience's heart like Piaf before her.
7.30pm Saturday night and a crowd was already milling in front
of the doors of the Carnegie Hall, tickets - for which they
had paid 75 dollars a piece - in hand. This evening the
legendary New York venue was to be the scene of Raquel
Bitton's special tribute to Piaf. And given the American
public's ongoing fascination with the late French chanson
star, woe betide those who had waited until the last minute to
get a ticket. 3000 people had already booked seats long in
advance - in short, Raquel Bitton's show was well and truly
sold out!
After squeezing into the hall I found myself in the tenth row
of the central block - the perfect spot from which to watch
what was happening around me as we waited for the lights to go
down. (I only found out at the end of the show that the man
sitting just in front of me was none other than Bob Holloway,
Raquel's orchestrator, arranger and collaborator for the past
few years). Rapidly scanning the horizon, my eyes were drawn
upwards to the balconies which seemed to go on forever and
ever and were packed with people as far as the eye could see.
In fact, it was amazing to see how one four-letter word -
P.I.A.F. - could cause such a stir.
But tonight there was another name linked to Piaf's - and that
was American singer Raquel Bitton. A singer full of fight and
character who was not about
to buckle under at the first cry of "yet another singer
who thinks she's Piaf!" Having seen Bitton in action, I
can confirm that this singer doesn't
simply imitate, she performs in her own right. And performs
with the same burning passion that years ago on this same
stage made a worn-looking and
exhausted Piaf into the One and Only Madame PIAF!
While Piaf only had a piano and accordion to accompany her on
stage at the Carnegie Hall, Bitton went one better, taking to
the stage with four violins, two cellos, a guitar, a mandolin
and a clarinet - in short, a group of some 20 backing
musicians. Bitton could certainly never be accused of copying.
She turned up with all her own arrangements - and what
arrangements they turned
out to be!
The orchestra played a quick tribute medley, running through
the old Piaf favourites which we still know and love. Then
Raquel herself took to the stage, reviving the cherished
classics such as "la Goualante du pauvre Jean",
"l'Accordéoniste" and the famous "Flons-Flons
du bal". But Raquel's show, entitled "Edith Piaf,
son histoire, ses chansons" (Edith Piaf, Her Story, Her
Songs), was not just about reviving the classics. Raquel had
done her research when it came to the Piaf stories, contacting
her former friends and
songwriters such as Henri Contet ("le Vieux Piano",
"Bravo pour le clown", "Padam Padam").
When Contet heard Raquel was set on reviving the Piaf legend
he told her stories no-one had ever heard before. (Sadly, on
the other side
of the Atlantic, Piaf's songwriting team: Henri Contet,
Charles Dumont - responsible for the legendary "Non je ne
regrette rien" - and Michel
Rivgauche, have fallen from grace and few people take much
interest in them any more).
In the course of Raquel's show all Piaf's entourage got a
mention, from her 'adopted' sister Momone to Jean Cocteau, a
man who couldn't conceive of life without Piaf's friendship
and who died the same day as her. The memory of Piaf's lover
Marcel Cerdan was also evoked Raquel recounting his tragic end
in a plane crash over the Açores and the concert Piaf
dedicated to him the same night at Le Versailles, refusing to
call off her performance.
Raquel revived the Piaf classics with aplomb too, performing
everything from "Milord", "la Foule", and
"Mon Dieu" to "L'Hymne à l'amour", "Amants
d'un jour" and the wonderful "Padam". Thankyou
Madame Piaf for the music and thankyou Raquel Bitton for
reviving the memories and giving us another chance to see
"la Vie en Rose"!
At 10.30pm the Carnegie Hall finally emptied, the audience
wiping the last tears from their eyes and leaving the hall in
an intense silence. On leaving
the famous Hall I lingered outside for a moment and gazed up
at the night sky, focusing on one tiny star shining more
brightly than the others ...
Looks like that Saturday night, as the saying goes, another
star was born.
Myriem Wong
New York, le 15 janvier 2000 - "Il n’y aura jamais une
autre Piaf. Mais de ses cendres sortiront de nouvelles voix
qui serviront la chanson. Car quand elle va droit au cœur,
elle devient aussi éternelle que la vie" (Raquel Bitton).
"Droit au cœur", c’est justement là qu’un petit bout de femme
a touché le public du Carnegie Hall à New York en ce samedi 15
janvier... Il est 19h30 ! Tickets à la main, (75 dollars) la
foule trépigne devant les portes encore fermées. Non pas de
froid, mais d’impatience. Ce soir, dans ce temple mythique de
la scène new-yorkaise, une petite dame rend hommage à la
Grande Piaf : Raquel Bitton. Lorsque l’on sait le tendre lien
qui unit le public américain à l’artiste disparue, on comprend
très vite qu’il est inutile de chercher à se procurer le
billet de la chance. Elle a sourit à 3000 gagnants avant vous
! Trop tard, c’est complet M’sieurs-dames !
Je suis environ au dixième rang dans la rangée centrale. Le
parfait endroit pour avoir un aperçu, en attendant
l’extinction des feux, sur ce qu’il se passe autour de moi.
(J’apprendrai seulement à la fin du spectacle lorsqu’il
saluera la salle, que le monsieur assis juste devant moi n’est
autre que Bob Holloway orchestrateur, arrangeur et
collaborateur de Raquel depuis plusieurs années). Rapidement,
je scrute l’horizon, y compris à la verticale car les balcons
n’en finissent de se superposer. Ô surprise, même tout
là-haut, à l’extrême extrémité, j’aperçois les gens. Etonnant
de voir qu’un petit nom de rien du tout, de quatre lettres
seulement, P.I.A.F. déclenche un tel phénomène ! Tiens le très
vieux monsieur derrière moi... dort déjà !
Mais ce soir, derrière ce nom s’en cache un autre, celui de
Raquel Bitton. Une battante qui a de la gouaille et qui n’est
pas prête de lâcher prise à la première rafale de "encore une
qui s’prend pour Piaf" ! Témoin d’un soir, j’ai vu et entendu,
alors je peux le dire, "la" Bitton, elle n’imite pas, elle
interprète. Elle interprète avec cette même passion brûlante
et dévorante qui il y a quelques années, sur cette même scène
du Carnegie Hall, avait fait d'une Piaf usée et épuisée,
Madame PIAF !
Il est 20h, si Piaf n’avait qu’un piano et un accordéon, en
revanche, Bitton s’acoquine elle, de quatre violons, deux
violoncelles, une guitare une mandoline, une clarinette...
bref 20 musiciens lui donnent la note. Alors, vous voyez bien
qu’elle n’imite pas ! Elle est venue avec ses arrangements à
elle et quel beau résultat ! Après que l’orchestre ait rendu
brièvement hommage aux différents airs que notre mémoire n’a
jamais effacés, Raquel entre en scène. "la Goualante du pauvre
Jean" en perd alors ses rides, "l’Accordéoniste" est assis là
prêt à jouer la java tandis que les "Flons-Flons du bal" nous
invitent à danser. Une chanson, une histoire. C’est pas pour
rien que le spectacle s’appelle "Edith Piaf, son histoire, ses
chansons". Car elle en a plus d’une dans son sac la p'tite
Raquel des histoires, elle est même allée les chercher
directement à la source. Henri Contet ("le Vieux Piano",
"Bravo pour le clown", "Padam Padam"), lui les a toutes
racontées lorsqu’elle lui a dit qu’elle voulait faire revivre
la mémoire d’Edith. Ces histoires-là, jamais personne avant
elle ne les avait entendues. Forcément chez nous en France,
tout ça c’est le passé et les Henri Contet, Charles Dumont
("Non je ne regrette rien") et autres Michel Rivgauche, pour
ne citer qu’eux, sont hélas devenus de simples noms. Des noms
qui ont gravité autour de Piaf certes, mais que l’on ne prend
plus la peine de dépoussiérer !
Ainsi, au cours de la soirée, on reparlera de sa sœur de
cœur Momone, de celui qui ne concevait pas la vie sans son
amitié et qui mourra le même jour qu’elle, Jean Cocteau. Le
souvenir de Cerdan, dont l’avion s’écrasera au-dessus des
Açores et auquel elle dédiera le soir même le spectacle
qu’elle avait refusé d’annuler au club Le Versailles...
Bref, autant de souvenirs que le cœur de cette artiste
pouvait en contenir. Des roses, des bleus mais beaucoup de
gris aussi. Un peu comme ce ciel de Paris où "Milord" aimait à
la retrouver devant son Vieux piano. C’était l’époque où les
Cris du cœur se noyaient dans "la Foule" et où "Mon Dieu",
"L’Hymne à L’amour" ne regrettait pas de verser à la face des
"Amants d’un jour", son trop plein de "Padam". Pour cette
soirée inoubliable, merci Madame Piaf de nous avoir permis de
reprendre l’espace d’un instant "le Chemin des forains". Et à
vous Raquel, de nous avoir offert une occasion si rare celle
d’avoir pu encore un peu... rêver d’une "Vie en Rose".
Il est 22h30, la
salle se vide, les larmes se sèchent et le silence est
intense. Une fois dehors, je lève les yeux, une étoile brille beaucoup
plus que toutes les autres... Mais "of course", ce soir, une autre
"star is born". Myriem WONG
By FRANCE RFIMUSIQUE/RADIO FRANCE
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